« Algérie : de l’acharnement répressif en lieu de politique culturelle »

Toulouse, le 03 mai 2026

À Alger le 18 avril 2006 la police est intervenue dans une librairie centrale de la ville lors de la signature dédicace de l’ouvrage de la sociologue Fatma Oussedik, Les identités rebelles.

Les exemplaires du livre présents en librairie ont été saisis et les acheteurs ont été sommés de les restituer. Enfin la Librairie des Beaux-Arts a été fermée administrativement pour un mois. Ce n’étaient ni l’autrice, ni le livre, qui étaient visés mais l’éditeur des éditions KouKou, sous prétexte d’une erreur dans le numéro ISBN.

Jamais le contenu du livre n’a été mis en cause.

Les éditions KouKou, depuis plusieurs années, sont l’objet d’un harcèlement incessant, interdiction de salon, saisie de livres, sous-entendus diffamatoires.

Ceci n’est pas sans rappeler le sort réservé à une des autrices des Editions Sans Nom, Dominique Martre, et à son ouvrage, co-édité par les Éditions Sans Nom avec les éditions KouKou, samedi 29 juin 2024, à Béjaïa. Lors de la séance dédicace une descente de police est intervenue, et tout le monde l’autrice, son époux, le libraire, l’éditeur et les lecteurs présents ont été mis en garde à vue.

Comme dans le cas de Fatma Oussedik, ce n’était pas le livre La Kabylie en partage, dans l’intimité des femmes, qui était remis en question (le livre continue à être distribué) mais bel et bien l’éditeur, sous prétexte de la présence de militants du Mak (Mouvement pour l’Autonomie de la Kabylie) dans la salle !

Les acteurs de l’édition et de la culture en général, pour leur survie même, se doivent d’être absolument solidaires, au-delà des frontières. Laisser à penser que les attaques contre la liberté de création et de pensée seraient circonscrites à quelques pays « non démocratiques » et ne nous concernerait pas est une erreur. Les pouvoirs, quelle que soit leur forme, détestent toujours les esprits indépendants ! Verrouiller la pensée est pour eux un véritable objectif. Le sort des éditions Grasset en est un exemple. De même que les préconisations de la commission parlementaire du « Front national » sur l’audiovisuel. C’est pourquoi être solidaire de notre confrère Algérien des éditions KouKou c’est affirmer l’urgence de défendre la liberté de création et de pensée là où elle est menacée.

Et donc ici, en France. Nous appelons ainsi l’ensemble de la profession à avoir le courage de manifester sa solidarité avec l’éditeur Arezki Aït Larbi des éditions KouKou.